Publié par : youcefallioui | avril 1, 2012

Nouvelle publication – Un grain sur le toit – Aâqqa af ssqef

  • Un nouveau livre sur la littérature orale kabyle :

    Parution – Avril 2012 – 430 pages – 35 euros.
    Editions L’Harmattan – Collection « Présence berbère ».


4ème de couverture :

Les anciens Kabyles disaient : « L’énigme est semblable à un papillon qui se pose sur une fleur au printemps. » Belle métaphore ! L’énigme fait référence à un processus que l’on peut qualifier d’ « analogie ».

Pour expliquer les stratagèmes linguistiques et allégoriques utilisés dans l’énigme, il faut découvrir les nombreuses règles sur lesquelles s’appuient ces artifices linguistiques – parfois  savants et empreints de philosophie – et notamment les règles qui lient le son au sens dans la langue (berbère) et les principes généraux qui déterminent l’organisation et la fonction de ces règles ingénieuses qui viennent de la nuit des temps. Le lecteur averti sera comblé de bonheur et de surprise par ces créations qui repoussent les limites de l’inventivité et de l’ingéniosité. Il entrera dans un imaginaire ludique et fécond qui mêle maturité scientifique et éternel esprit de créativité.

En parcourant les différents genres littéraires kabyles, on apprend des choses qui ne manquent pas d’étonner : l’on découvre que les anciens Kabyles ont une conscience scientifique insoupçonnée et insoupçonnable. A travers ses recherches, l’auteur a notamment recueilli une classification précise et étendue, scientifique des énigmes, des contes et des mythes qu’on est loin de soupçonner chez un peuple premier et autochtone.

L’auteur assigne un rôle ambitieux, universel et omniscient à la littérature orale kabyle. Que les enseignants de la langue amazighe fassent découvrir ce genre littéraire majeur à leurs disciples. L’énigme sera le ludique, l’activité libre par excellence à travers laquelle les élèves (arabophones compris !) apprendront et maîtriseront la langue et la culture de leurs ancêtres, les Imazighen. Ce sont des trésors millénaires, qui viennent de la nuit des temps, qui peuvent mettre les enfants en confiance pour repousser les affres de l’aliénation linguistique imposée par un modèle culturel dominant intolérant, suranné et réifiant. Comme dit un dicton kabyle : « Qui a une langue se sent en sécurité » (Wi’sâan iles, yetwennes).

 

Youcef Allioui est psychologue et sociolinguiste. Il nous livre, dans ce douzième ouvrage également consacré à la littérature orale berbère de Kabylie, d’autres sagesses et d’autres énigmes qu’il avait recueillies depuis près de 40 ans, auprès des anciens Kabyles, de sa famille élargie et notamment de ses parents.

L’auteur s’est toujours efforcé de rapporter en transcrivant avec le plus de rigueur et de constance possibles – avec cette sensibilité et cette passion qu’on lui connaît pour la langue et la culture amazighes de Kabylie  –  ce qu’il a compris de sa culture et qui lui avait été transmis dés l’enfance. 

◊ Un grain sur le toit  – Aâqqa af ssqef -Enigmes et sagesses berbères de Kabylie – Aux éditions L’HARMATTAN.

Je dédie ce livre à Fernand Bentolila qui a donné ses lettres de noblesse à “Ce genre littéraire majeur“, comme il nommait les énigmes berbères. Nous lui devons la méthode de présentation qui met en valeur ce genre littéraire.

Je reviens sur les énigmes  (timsaâraq) et les sages (timusniwin) recueillies auprès de mes parents et d’autres anciens Kabyles pendant mon service militaire (1971/1973). Le lecteur aura l’occasion de redécouvrir ce genre littéraire majeure kabyle (auquel j’ai déjà consacré 3 ouvrages) ; une littérature orale classique  produite par les Kabyles au temps où la fédération kabyle était au sommet de son art linguistique et culturel. Comme en témoignent les exemples ci-dessous :

1 – “Une seule braise éclaire la maison – L’énigme” (Yiwet n tirgit teççur axxam – Tamsaâreqt).

2 – “Plus elle augmente, plus elle diminue – La vie” (Akken i tetzid i tneqess – Tudert).

3 – “Elle accompagne le présent, elle espère l’avenir alors qu’elle demeure avec le passé – La vie” (Tetteddu d wassa, tessaram azekka, xas tettγima d yidhelli – Tudert).

4 – “Moi j’avance pendant qu’elle recule – L’enfance” (Nekk tedduγ, nettat tettuγal ar defir – Temzzi).

5 – “C’est dans le trèfle que j’ai trouvé son nom – L’hyène” (Deg iffis i yufiγ isem-is – Ifis).

Note : il suffit d’enlever un /f/ au mot “trèfle” en kabyle (iffis) pour que cela donne “l’hyène” (ifis).

“Cela tient d’un génie littéraire tout à fait singulier” (Joseph Gabel).

Nous découvrirons d’autres énigmes extraordinaires qui touchent à la vie ancienne des Kabyles et notamment des créations fort singulières sur quelques personnages historiques kabyles :  Lalla Fadhma n’Soumer ; Cheikh Aheddad ; Cheikh Mohand Ou-Lhocine ;  Mohand Amokrane des At Abbès dit El Mokrani  et  son frère Boumezreg.

Présentation du livre :  extrait de l’introduction bilingue (72 pages)

Mon père disait : « L’énigme est semblable à un papillon qui se pose sur une fleur au printemps » (Tamsaâreqt tecba afertetu irsen af ujejjig di tefsut).

L’énigme fait référence à un processus que l’on peut qualifier d’« analogie ». Le travail du sage consiste à donner un nom à ce qui demeure un mystère. Pour expliquer les stratagèmes linguistiques et allégoriques utilisés dans l’énigme, il faut découvrir les nombreuses règles sur lesquelles s’appuient ces artifices linguistiques – parfois  savants et emprunts de philosophie –  et notamment les règles qui lient le son au sens dans la langue (berbère) et les principes généraux qui déterminent l’organisation et la fonction de ces règles ingénieuses qui viennent d’un temps à jamais révolu ; ou « de la nuit des temps » (seg-gwasmi i d-tejna ddunnit), selon la formule consacrée si chère aux anciens Kabyles.

Le jeu des énigmes obéit à des règles bien précises. Plusieurs proverbes lui sont consacrés. J’en citerai trois pour clarifier ce divertissement qui avait une importance capitale dans la cité kabyle. Un dicton qui définit ce qu’est l’énigme dit : « L’énigme est une allégorie » (Tamsaâreqt ttaweqda).

Du nom des énigmes

Une vingtaine de termes sert à désigner les différents jeux que regroupe ce genre littéraire. Je les donnerai dans l’ordre de leur fréquence. Cette liste n’est pas exhaustive. Il se peut qu’il y ait d’autres noms pour désigner les énigmes en pays kabyle. Je rappelle à toutes fins utiles qu’une confédération kabyle vivait et agissait en véritable « nation » indépendante des autres. Ce qui explique pourquoi une province (Tamawya) comme la Kabylie peut étonner par la richesse et la diversité de ses productions culturelles. Il ne semble pas qu’il y ait d’autres exemples à travers le monde – sauf peut-être à travers le vaste territoire chinois ­– où l’on peut découvrir une telle aisance du verbe et une telle prospérité au niveau de la littérature orale où l’aisance créative brille avec éclat de sa surabondance. En effet, il ne semble pas y avoir d’autres endroits où l’on pouvait aisément s’affranchir d’une dette au moyen d’un poème ou d’un beau dit.

De la création des énigmes

Jadis joute oratoire au sens noble du terme,  aujourd’hui simple passe-temps familial supplanté par la télévision, le jeu des énigmes continue d’obéir à certaines règles que certains enfants, que j’ai interrogés de 1981 à 1991, ont pu « réciter » sans peine. Ces derniers saisissaient aussi l’occasion pour se plaindre que leurs mères et leurs grands-mères qui ne sont plus intéressées par les énigmes et qui ne racontent plus de contes. « Elles sont subjuguées par la télévision ! » Se plaignent beaucoup d’entre eux.

Il serait judicieux que ces jeux, abandonnés par la famille, soient repris par l’école. C’est peut-être là qu’ils renaîtront et qu’ils connaîtront un regain pour entrer dans le troisième millénaire. Et à l’heure où les Activités cognitives comme le Raisonnement Logiques (A.R.L.) ou, pour ceux qui sont plus en difficulté, le « Programme d’Enrichissement Instrumental (P.E.I.) » foisonnent et sont à la mode dans les écoles occidentales. Il serait temps que les enseignants de tamazight s’emparent de ces constructions raisonnées pour s’en servir comme outils pédagogiques à différents niveaux. Les conventions et les règles de ce jeu peuvent être adaptées, renforcées et actualisées. Il est peut-être même souhaitable que d’autres soient créées en liaison avec les exigences de l’environnement et le contexte actuels, en générant d’autres ambiances scolaires à travers le calcul et les mathématiques modernes.

De la structure et du style des énigmes

La contexture de ce jeu littéraire oral ne réside pas seulement dans un jeu à la forme simple de questions/réponses. Il faut davantage retenir tous les aspects culturels qui entourent la société berbère de Kabylie. Aussi, répondre à une énigme ne ressemble parfois en rien à la réponse que l’on peut donner dans le cadre d’une simple devinette. Une énigme n’est donc pas devinable en elle-même. De nombreux paramètres – linguistiques, historiques, philosophiques, sociologiques et politiques – interviennent bien souvent dans le « cadre situationnel » qui préside à la création d’une énigme. Par conséquent, la connaissance avertie de la langue et de la culture kabyles est nécessaire pour « entrer dans ce jeu ». Cette entrée nécessite un minimum d’ingrédients pour pouvoir lire toutes les recettes que ce jeu offre et impose avant sa construction ou plus exactement, comme disaient les Anciens, sa composition (asnulfu).

Cette composition admet tous les stratagèmes linguistiques possibles qui lui permettent d’imposer une structure diversifiée et hétéroclite modulée non seulement par le niveau des compétiteurs mais également et surtout par celui des spectateurs qui s’imposent en véritable incitateurs et stimulateurs culturels.

Grammaire des sons et des rythmes

L’énigme fait référence à un processus évolutif que l’on peut qualifier d’ « analogie » où les dissemblances et les similitudes s’entrechoquent dans la joie et la douceur des mots. Le dicton va plus loin : « Le bonheur des mots permet une plus longue vie ! » (Lehcaca g_wawal tessiγzif laâmer  !)

En tout temps et en tout lieu, le travail du sage consiste à donner un nom à ce qui demeure un mystère. Ainsi pour expliquer tous les stratagèmes linguistiques et allégoriques utilisés dans l’énigme, « il faudrait avoir maîtrisé et assimilé toute la culture berbère. Mais cette proposition peut se retourner : la lecture des énigmes est d’un apport irremplaçable pour bien pénétrer cette culture » (Fernand Bentolila) En pénétrant donc la culture berbère, on arrive à découvrir les nombreuses règles sur lesquelles s’appuient ces artifices linguistiques – parfois aussi savants qu’empreints de sagesse et de philosophie – et notamment les règles qui lient le son au sens dans la langue (berbère) et les principes généraux qui déterminent l’organisation et la fonction de ces règles ingénieuses, lesquelles pourtant viennent de la nuit des temps.

Tous les spécialistes de la littérature orale berbère – sur les traces du premier d’entre eux, le chantre de la culture amazighefeu Mouloud Mammeri – savent que la culture kabyle a toujours proclamé l’idée de la primauté de l’oral sur l’écrit. C’est sans doute cet aspect des langues auxquelles on a interdit l’écrit et l’école qui a permis le paradoxe suivant : la préservation de la littérature orale kabyle.

Bien qu’on lui refuse encore l’école en bien des points de l’Afrique du Nord berbère dont les Etats se proclament « arabes et islamistes » et uniquement cela, la langue kabyle, tout comme la langue amazighe en général, a su garder en elle les mêmes étapes logiques de la construction des phrases que l’on peut observer dans toutes les langues qui disposent d’une école car pourvue de gouvernements qui les défendent et les promeuvent. Ce qui est évidemment loin d’être le cas pour la langue amazighe que l’idéologie dominante s’évertue à faire disparaître d’une manière aussi farouche que celle déployée naguère parla France coloniale.

Le jeu des énigmes nous restitue donc ces étapes qui vont du message à construire au choix des mots (lexique) qui fait appelle à la phonologie du mot avant d’entrer dans le paramètre du choix des formes et des constructions à travers la grammaire qui exprime la phonologie de la phrase – accentuation et intonation – pour aboutir, enfin, à une phrase construite et mûrement réfléchie à travers laquelle le jouteur expose son énigme.

 De l’enracinement culturel des thèmes traités dans les énigmes

Les sujets traités dans les énigmes sont d’une très ­grande variété pour être tous cités ici. Comme dans les trois précédents ouvrages que j’ai consacrés aux énigmes kabyles, on peut également constater à travers le présent livre les nombreux thèmes que consacre cette joute oratoire. Elle rapporte et fixe la description de nombreuses transpositions qui touchent à toute la culture, l’environnement, la nature et la société amazighe de kabylie. C’est pour cela que leur­ classement est nécessaire à travers plusieurs chapitres. Dans ce livre, j’ai procédé à une classification plus simple que dans les trois précédents ouvrages consacrés à ce genre littéraire.

Conclusion de cette présentation

 Ce n’est qu’avec l’âge que j’ai fini enfin par comprendre les tentatives de mes parents et des Anciens de mon Arch d’inscrire en l’enfant, puis en l’adolescent que j’étais, ce que la langue kabyle recélait comme champs linguistiques liés à la complexité. Mon attitude leur avait sans doute montré mon embarras et mon incapacité à tout comprendre dans ce discours que j’appellerai « de la dernière chance ». Ils se savaient sur le point de faire bientôt le dernier voyage et ils s’ingéniaient à assayer de m’apprendre un peu de ce que « notre langue recèle comme sagesses et savoirs complexes, ludiques, philosophiques et scientifiques ».

Par cet ouvrage, je veux montrer la permanence et la présence du peuple berbère.

Le grand sage et amousnaw de mon arch, Mohand Qasi At Boujemaâ me disait lors d’un entretien en 1972 :  “C’est par la fin que tout commence”  (Af taggara kullec i-gebna !) Que cette fin d’ouvrage et de tout ce qui se fait autour et sur notre langue soit à jamais un éternel commencement. Ibn Khaldoun n’avait-il pas écrit : « Les Berbères sont une grande nation dont Dieu prendra à jamais soin ! »

Prenons au mot ceux qui veulent notre disparition et montrons que les Imazighen sont et seront vivants à jamais. Un aussi beau peuple qui a engendré tant de génies –  qui ont contribué à l’oeuvre la plus sublime de l’Humanité et notamment par la diversité des langues et des cultures – ne saurait mourir !

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Responses

  1. Bonjour monsieur Allioui,

    Je suis heureuse d’apprendre que votre dernier livre va paraître ce mois-ci. J’ai hâte de le découvrir : comme tous vos livres, je suis sûre que ce dernier sort de l’ordinaire (je le sens à la photo de votre maman sur la couverture !)
    Permettez-moi de comparer aux deux grands livres que nous avons sur notre culture et que nous devons à Mouloud Mammeri sur la poésie : Poèmes de Si Mohand et Poèmes kabyles anciens. Vos ouvrages, en général, s’inscrivent dans cette lignée. Quand j’ai lu le précédent : Enigmes et joutes oratoires », je vous assure que je suis restée bouche-bée devant tant de richesses de notre langue ! C’est un livre inépuisable que nous consultons presque tous les jours mon mari et moi avec nos enfants ! Et chaque jour – comme dans un dictionnaire – nous découvrons quelques choses qui nous a échappé… C’est un livre presque magique ! En tout cas, ce n’est pas un livre ordinaire et j’imagine que ce dernier sera de la même hauteur.. Car permettez-moi de vous dire que vous écrivez avec beaucoup de hauteur. Ne dites-vous pas que lorsque vous étiez jeune, votre père vous reprenait en vous disant : « Donnez de la hauteur aux mots ! » C’est cela que nous retrouvons dans vos ouvrages en général et dans Enigmes et joutes oratoires en particulier. C’est le premier ensuite vient le livre sur les Archs kabyles que je conseille à nos amis qui veulent découvrir la langue et la culture kabyles. Merci encore pour tout ce que vous faites et que le Dieu kabyle – Agellid Ameqqwran, comme vous dites – vous accorde la santé pour écrire encore davantage.

  2. Cher Dda Yusef,
    C’est un grand honneur de découvrir ce blog d’une richesse inimaginable ! Si j’osais, je vous aurai dit : « D’où puisez-vous tout cela ? » Toute cette philosophie ; cette poésie ; ces analyses fines et scientifiques ; ces récits anciens ; cette culture au sens noble du terme qui met tellement en valeur notre langue. Vous ne parlez pas beaucoup (en tout on ne vous voit plus sur BRTV : un grand dommage pour cette télévision qui a besoin d’hommes et de scientifiques comme vous !) Nous avons besoin d’hommes qui sachent nous révéler la beauté de notre langue ; sa profondeur philosophique et scientifique. J’avoue que lorsque j’écoute de soi-disant « Professeur de Tamazight » osciller entre néologismes et quelques mots de kabyle, je deviens triste ! Où est la beauté de notre langue dans tout cela ? Quand j’écoute un enseignant parler de langue « Tazwawt » : j’ai envie de lui dire et « Tababurt » alors ! Et Tagergurt, alors ? Etc. Etc. Cela montre un manque flagrant de connaissance de la Kabylie !
    Merci de nous réconcilier avec notre Kabylie et notre langue et sa profondeur si belle et si poignante ! C’est cela qui permettra aux enfants d’aimer leur langue : la beauté que vous révélez à travers vos propos et vos ouvrages. Beaucoup écrivent en français et ils ont plus de place que vous ! Je trouve cela paradoxal et anormal !
    Une question piège (je plaisante car je sais que vous avez certainement la réponse !) : Que signifie « Taghoult » dans la vallée de la Soummam ; enfin, je veux dire si vous connaissez ce mot que l’on dit de tamazight !!
    J’ai été très bavard, tant pis ! Que ceux que j’aurai gênés ou vexés me pardonnent ; mais à près de 60 ans (nous avons vous et moi le même âge !) je peux me permettre de dire certaines choses… pour avancer.

    Tahar de Tadmaït (je sais que vous y avez beaucoup d’amis !)

    • Azul a Tahar !

      Je vous remercie pour vos remarques. Je ne suis pas si scientifique que vous le dites ; j’essaie simplement d’utiliser au mieux le peu de kabyle que j’ai appris de mes parents un peu comme vous et tous les Kabyles l’ont appris des leurs. Pardonnez-moi, mais je vous trouve un « peu sévère » avec cet enseignant de Tamazight. Il faut au contraire saluer que des enseignants comme ce monsieur nous informe sur ce qui se fait dans les Universités Kabyles et algériens à propos de l’enseignement de tamazight. Je pense que le mot « Taghoult » a été utilisé dans le sens de « Domaine » (vous pouvez le constater en consultant le dictionnaire de Dda Lmulud). Vous avez raison, en kabyle cela signifie tout à fait autre chose : « L’injustice » qui donne les mot verbal : aghullu du verbe « ghul » qui signifie « Etre injuste avec autrui ». Mais au sens figuré, cela signifie tout à fait autre chose : « Ghull-egh-k ! » signifie : « Il peut toujours courir ! » ; « Qu’il fasse ce qu’il veut ! » etc.
      Quant à « Tazwawt », Dda Lmulud avait utilisé Azwaw. Je pense, en effet, qu’il faut s’en tenir à Taqbaylit ; sinon comme vous dites pourquoi pas Taabasit, Tababurt, Tagergurt, Tawzellegt, Taweghlist, Tayenniwt, Tayerratit, etc. Dans tous les cas, il faut que nous conservions l’amour de discuter entre nous sans offense et sans mépris : ce n’est que comme cela que les hommes et la science avancent !
      C’est vrai ce que vous dites, j’ai des amis partout en Kabylie et notamment à Tadmaït (je salue plus particulièrement Chéradi Hocine avec qui j’avais fait mon service militaire).

  3. Cher monsieur Allioui,
    J’ai eu l’honneur de vous connaître pendant le temps où vous nous appreniez la langue tamazight, je veux dire la langue kabyle si riche et si importante à vos yeux à l’Université Paris 8. j’ai encore quelques contes et quelques mythes que j’ai appris de vous. Si j’avais le courage, je les aurai édités ; mais il me faut votre permission.
    Je voulais vous saluer depuis longtemps car je suis un grand fan de votre blog : je peux avancer que grâce à vous, je connais la Kabylie mieux que quiconque, sauf vous bien sûr ! J’ai tout imprimer (je ne sais pas si j’ai le droit : cela fait plus de 500 pages !) vous devriez en faire un livre : il se vendra comme des petits pains ! Enfin, je sais que l’on s’intéresse à d’autres choses. Votre livre je l’attends avec impatience, puisque j’ai tous vos livres, sauf le premier édité par le Conseil International de la langue française. j’ai bien fait car je n’arrête pas de les relire de les relire !
    Je vous remercie pour tout ce que vous nous apportez. J’espère qu’un jour les Kabyles se rendront compte du grand monsieur que vous ETES !
    Merci de me dire si je peux passer vous voir à votre cabinet dont j’ai l’adresse. Bonne continuation et bonne santé, cher monsieur Allioui. Je pense que les Ouzellaguen sont tellement fier d’avoir un écrivain comme vous. Je pense aussi qu’au-delà de votre arch, les Kabyles vous aiment comme vous les aimez. Il suffit de vous écouter pour comprendre combien vous aimez les kabyles et la kabylie. (Je me rappellet d’ailleurs du poème sur le peuple kabyle que vous avez appelé « Mon peuple ». Poète ? Oui, vous êtes aussi, j’ai oublié de le dire, un grand poète…
    Merci pour tout monsieur !

    • Cher Smail,

      Bonjour ! Je me souviens très bien de vous (j’aurai dit de toi, si tu étais devant moi !) Merci pour
      ces rappels et merci d’avoir apprécié mes cours car c’était l’époque où j’avais la fâcheuse manie de perdre ma voix et les médecins n’ont jamais su me dire pourquoi ! Je me rappelle, vous vous moquiez un peu de moi, bande de garnements ! Mais vous étiez tellement affectueux et tellement « Amazighs » que vous redeveniez sérieux la minute d’après. Je me rappelle aussi des quelques soirées sur la Poésie : vous aviez particulièrement apprécié. Et pour preuve : c’est grâce à la poésie que nous avions connu « Tafsut Imazighen » ! C’est dire que la voix et la voie résident toujours dans notre langue. Et c’est cela qu’avait compris
      Dda Lmulud. Le Salut ne pouvait venir que de l’écrit dans notre langue, même si en tant que francophones, nous sommes obligés (du moins pour le moment) de la seconder par la langue française : qui est aussi un peu la nôtre. Mon cher Smaïl, rappelle-toi ce que je te disais, dans ma famille nous disons : « Qui veut entendre des beaux dits, qu’il aille chez l’Agawa » (Win ibghan timella, yeddu s-Agawa ! » Car mes aïeux se souviennent et – mon père et mon grand-père le racontaient souvent – la bravoure et le courage des At Menguellat et leur grande richesse tant du point de vue de la Kabylité que du point de vue historique : Ce fut la seule confédération (At Mengellat et At Betrun) qui s’était opposée au roi de Koukou quand il s’était montré tyrannique. Et mon père disait : »Ils finirent quand même par donner asile au petit fils du roitelet qui voulait leur extermination. C’est la noblesse des Igawawen dont je rappelle pour les Kabyles qui ne connaissent pas bien la Kabylie que les Igawawen c’est la confédération (Taqbilt) formée par les At Mengellat et les At Betrun qui qui regroupent 8 archs.
      Cela dit, tu peux copier et imprimer tout ce que tu veux : c’est fait pour…
      Et si tu mets l’accent sur l’amour que j’ai de la Kabylie, quoi de plus normal que d’aimer la Kabylie et son peuple si beau, si intelligent, si noble et qui cultive un sens de l’honneur tellement haut qu’il devient parfois inapprochable. Que nous reste-t-il donc ? L’UNION !!
      J’espère que tu passeras à mon bureau – quand tu veux. Bien à toi ! Y.A.

      • mass Allioui

        di tazwara tanemmirt

  4. […] Présentation approfondie par l'auteur lui-même sur son blog : http://youcefallioui.com/2012/04/01/le-kabyle-une-langue-magnifique/#more-1948 […]

    • Cher monsieur Nicolas Geneix,

      Je vous remercie d’avoir bien voulu présenter sur votre beau site « fabula.org », mon dernier ouvrage sur la littérature orale kabyle – Un Grain sur le toit – paru aux éditions L’Harmattan. Comme on dit en kabyle : »Quand la sagesse et le savoir unissent les gens, la lumière brillera à jamais dans leur coeur ; même si les jours sont mauvais, le soleil veille sur eux » (Mi tessemlal medden tmusni, tafat tezga deg’wulawen-nsen ; akken bγun âawjen wussan, d-itij i-ten ittwan-asen).

      « A bientôt ! Que paix et lumière soient sur vous ! » (Ar tufat, lehna tafat !). Youcef Allioui

  5. azul fell-ak a mass Allioui

    di tazwara tanemmirt ghef wazal tefkidh i yimawlan-ik, ladgha baba-k, tin gher-s tanemmirt ghef leqdic akk-d tira s tmazight i tmazight, sakin bghigh ad inigh d akken seqdhegh acku ttwaligh idlisen-ik di internet maca ulac-iten dagi di tmurt iwakken a ten-igher wemdan negh a ten-yekseb, ssaramegh d akken yiwen wass ad ilin dagi, s tidett idlisen-agi ttaran amdan idellu s wudem alqayan gher yedles-nnegh akk-d tmeslayt i gellan d agerruj ur nfennu, xas ulamma di zzman n wass-a tagwnitt diri-tt, imi ddunit tedda s lemghawla, akka tira tessensar tameslayt i tatut, maca yessefk daghen fell-anegh a nemmeslay yis iwakken azekka tarwa-nnegh ur ttilin ara d igujilen n yiles, si zik nettnagh mazal ar ass-, xas ulamma ussan ttbinin-d amzun akken kra din yetti, maca xas ghezzif yidh d ulaqrar ad ya;li wass. d d ulaqrar/
    ameziane

    • Azul a Mezyan a gma !

      Tanemmirt af awal azidan-ynek. D-ayen yettaken afud ttiggura ar zdat bac a-nexdem ayen nezmer i tmazight nnegh. Suref-iyi i-mi gellegh cituh di tiririt-ynu. Ak yelli Ugellid Ameqqwran tiggura n tmusni, tazmert, ttid n tizet n yimi.

      Ar tufat, lehna tafat fell-ak d wid azizen fell-ak ! Yusef

      ________________________________

  6. Azul ay Amezyan !
    Tanemmirt i kecci – a gma-ynu – a tizet n wawal-ik. Tagwnitt ttidett d-iri-tt, d-acu ilaq-agh a-tt-id nner s wudem yelhan, icebhhen. Kra yeddan af tidett yessawadh. Ssaramegh s yergazen am kecci yakw d wayetmaten ttyessetmatin nnegh i-tcegweb tmazight ara nawedh anda nessaram. I-mi akken i d-tennidh : Tameslayt nnegh d-agerruj ameqqwran : ur ilaq ara a-t nejj agh iruh. Assa atas i-gebgha taxessart i tmurt nnegh, i Ymazighen akken nellan. S tmusni, d leqder, ttdukli ara nawedh a-rez lqid ggw_id igh ibghan lmut. Nekwi agdud nnegh werjin ad yemmet : yella seg’gduden Imezwura ; ad yeqqim seg’gduden Ineggura : i lebda alma tefna ddunnit !

    Tanemmirt-ik af awalen-ynek izidanen ! Saramegh-ak teghzi n laâmer, tazmert, tamusni ttizzet n yimi !

    Ar tufat, lehna tafat a gma-ynu !

    YA


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