Publié par : youcefallioui | juin 22, 2012

TAMAZIGHT – Langue officielle ! (Ottawa – Canada)

Le sens et la conscience amazighes au Canada

Kahina 3 ans et demi « Pourquoi tu ne m’as pas parlé en kabyle ? » (Acugher ur yi-d hdired ara s teqvaylit ?)

Incroyable, mais vrai ! La petite Kahina m’avait interpellé, avec sérieux et détermination dans sa petite voix et du haut de ses 3 ans et demi : « Tu ne m’as pas parlé en kabyle, pourquoi ? » Pourquoi sa juste remarque ? Parce que je l’avais saluée en français à l’arrivée de ses parents chez mes hôtes (Rachid et Jedjiga). J’ai souvent parlé d’aliénation et voilà que je m’aperçois que je suis pris dans le piège-même à propos duquel je mettais en garde depuis plusieurs dizaines d’années !

Il faut savoir que la communauté kabyle du Canada et notamment d’Ottawa est d’une exception qu’il faut expliquer. Les enfants en bas âge parlent tous leur langue maternelle, le kabyle. Par ailleurs, et c’est un aspect très important que je dois aussi signaler : LA LANGUE AMAZIGHE EST UNE LANGUE OFFICIELLE A OTTAWA !  D’ailleurs, je tombais en plein examen de tamazight pendant que je visitais les écoles et notamment les niveaux 1 et 4. Faute de temps et de peur de perturber les autres classes, je n’ai pas pu malheureusement assister à tous les cours.

Dés l’entrée de l’école, il fallait se déclarer comme « Amazighs » pour pouvoir recevoir les sauf-conduits « visiteurs amazighs » et pouvoir ainsi entrer dans l’école et pouvoir visiter les différentes classes de langue tamazight.

J’ai dû me résoudre à n’assister qu’au cours de mon hôte Rachid Beguenane. Deux remarques m’avaient interpellé pendant ce cours :

  • Le sérieux et la motivation des enfants – dont l’âge oscille entre 10 et 15 ans.
  • L’accent est mis sur la langue kabyle sans introduction de néologismes amazighs.

C’était un cours dynamique et vivant, où les enfants n’avaient pas peur de se tromper et de se faire corriger soit par leur professeur, soit par leurs camarades de cours.

Je suis saisi d’étonnement et d’aise, quand je me retrouve dans la cours : j’entendais les enfants kabyles passer aisément de l’anglais au français avant de revenir à leur langue maternelle : la langue kabyle.

J’avoue m’être cru en plein rêve ! Un beau rêve que j’aurai aimé faire sur la terre berbère d’Afrique du Nord (Tamazgha) et notamment en Algérie où la langue tamazight – « langue nationale » – est toujours moins qu’une langue nationale, puisqu’elle est une « matière facultative ». Figurez-vous que pour ne pas faire du sport, on exige un certificat médical ; et bien pour ne pas étudier la langue maternelle amazighe, qui doit être la langue maternelle de tous les Algériens et tous les Maghrébins, les responsables pédagogiques ne demandent rien ! Pire encore, pour pouvoir s’inscrire en cours de tamazight, il faut l’autorisation des parents !

En faut-il une autorisation pour les cours d’arabe ? Que nenni ! C’est une langue officielle ! Nous sommes donc réduits à faire ce constat : une langue autochtone – langue amazighe – est réduite à un état facultatif qui nous dit tout sur la volonté du gouvernement algérien (arabo-islamique) sur son état d’aliénation, voire de réification.

J’ai oublié la question innocente mais si révélatrice de ce qu’est la réification des Berbères arabisés. Question d’un enfant amazigh (Lyes = Espoir) : « C’est qui « Araboislam » ? Et pourquoi ce monsieur ne veut pas qu’on étudie notre langue maternelle, la tamazight ?

J’avoue avoir eu du mal à lui expliquer ce qu’est une idéologie extérieure dont les gouvernants intérieurs en font un rouage idéologique interne. Je ne sais pas si ma réponse était adéquate quand je lui répondis ce qui suit :  » Disons que c’est un individu qui n’existe pas mais que les autres utilisent pour s’arroger injustement le droit d’interdire à d’autres personnes qui, elles, existent belle et bien et qui désirent fortement étudier leur langue maternelle. L’étudier,  la parler, la lire et l’écrire dans un pays qui est le leur et qui fait tout pour la développer et lui porter tous les soins pour la guérir de tout ce qu’elle a souffert du colonialisme.

Car vivre dans sa langue et sa culture c’est avoir une clé pour accéder à une porte qui s’ouvre  sur un monde meilleur où la liberté est la source de la vie.

Le dicton kabyle le dit bien : « La langue de ta mère est une porte ouverte sur le seuil du monde ! » (Tameslayt g_emma-k, t-taggurt yellin af emnar n ddunnit !)

Ceux qui nous gouvernent ne considèrent pas la culture et la langue de leurs ancêtres (les Imazighen) comme une richesse qu’il faut développer ; bien au contraire : pour eux, elles représentent un danger qu’il faut éliminer ! Car ils ont préféré opter pour une autre langue et une autre culture étrangères à l’Algérie et à Tamazgha.

Aussi, au lieu de faire en sorte que chaque enfant algérien et amazigh – qu’il soit arabophone ou amazighophone – étudie la langue amazighe, première langue de cette terre berbère-amazighe, aliénation oblige, on freine des quatre fers pour qu’elle évolue le plus lentement possible, le moins possible, de façon à ce qu’elle finisse par s’effacer de ce monde. C’est sans compter sur la racine et la sève si vigoureuse des enfants imazighen !

A quand aurons-nous des hommes et des femmes qui comprendront que la langue amazighe est une chance – une grande chance – pour tous les enfants algériens – et notamment arabophones ! – d’apprendre la langue de leurs ancêtres qui supporte une culture millénaire qui les aurait étonnés par sa beauté. En apprenant cette langue, ils apprendront aussi un système de pensée qui vient de la nuit des temps et qui est porteur d’une modernité surprenante et d’une richesse extraordinaire.

Cette richesse se trouve dans un système de pensée en avance sur beaucoup de peuples dans le monde, y compris les pays « dits civilisés ». Ce système de pensée a instauré une philosophie égalitaire et écologique. Ils auraient ainsi compris ce qu’est « le développement durable » chez leurs ancêtres Imazighen. Ils auraient aussi compris que c’est Tarwest : la science amazighe écologique de l’interdépendance entre tous les êtres vivants du plus petit insecte jusqu’à l’homme. Ils auraient également compris que dans la philosophie amazighe, il n’y a pas d’opposition entre la nature et l’homme. Seuls les Imazighen peuvent se targuer de fêter les insectes à travers une fête et un souper aux crêpes qui leur étaient dédiés !

Ils auraient appris que leurs ancêtres disposaient d’un système de production économique durable et harmonieux appelé « Ablalas ».

Ils auraient également appris le système politique démocratique et laïc où la religion est une affaire personnelle, une affaire de cœur.

C’est tout ce trésor culturel millénaire que les enfants kabyles du Canada étudient à l’école canadienne. En discutant avec quelques uns d’eux, je me suis rendu compte que chacun d’eux ressent un grand bonheur d’étudier sa langue maternelle si riche et si belle.

Tous ressentent une grande fierté d’être des Imazighen et reconnus, dans la lointaine terre d’Amérique du Canada. C’est en dignes héritier du  trésor linguistique et culturel millénaire que  filles comme garçons amazighs du Canada sont fiers de faire partie de ceux qui portent le nom si beau leurs ancêtres « Les Hommes Libres ».

A cette beauté sereine sur leurs visages d’Amazighs – qui parlent fièrement et à haute voix dans l’enceinte de leurs écoles et dans la rue.

A vous qui m’aviez fait rêver – et particulièrement à la petite Kahina – vous dédie « le conte de l’alouette » (tamacahutt n tqubaât) plein de symbole sur l’oppression linguistique que notre peuple continue de subir sur la terre de ses ancêtres, Tamazgha. Que chacune et chacun y découvrent le message de nos Ancêtres qui ont oeuvré à travers les millénaires que notre langue demeure à jamais et ce malgré les attaques incessantes des ignorants.

L’alouette a dit : « Qui a une galette n’en mange que la moitié ; qui a une demi-galette n’en mange que le quart ; qui veut aimer les femmes, n’en épouse qu’une seule. »

CONTE DE L’ALOUETTE

L’alouette a dit et chanté :

Je n’ai que cette voix, celle-ci est bien la mienne

Je n’ai que ce pays, celui-ci est bien le mien

Mais on me dit : « Ou tu changes de voix

Ou bien tu quittes le pays ! »

1 – Il était une fois une belle contrée habitée par toutes sortes d’oiseaux. Il y avait des belles perdrix et des sages alouettes. Enfin, il y avait tellement d’oiseaux qu’il était difficile de tous les nommer. Et chaque oiseau vivait dans le respect de son voisin.

2 – Les printemps se succédaient et les oiseaux étaient heureux d’habiter un pays aussi beau, aussi vaste et autant parsemé de fleurs et d’arbres près desquels coulaient cours d’eau, ruisseaux, rivières et fleuves. De nombreux lacs se trouvaient entre plaines et montagnes. L’été était tempéré ; l’hiver était doux et l’automne donnait des figues et des raisins de toutes les couleurs. Même les ronces donnaient des mûres au goût de miel que seules les abeilles pouvaient fabriquer.

3 – En ce temps-là, chaque oiseau avait son nid ; chaque oiseau avait son chant ; chaque oiseau n’avait rien à craindre de son voisin avec lequel il vivait en parfaite harmonie et chacun faisait entendre son chant. Le vol de l’un ne gênait point celui de l’autre. Le chant de l’un ne dérangeait point celui de l’autre.

4 – Chaque matin que le Souverain Suprême accordait, la perdrix

Que le ciel nous soit clément !

Et ne donne que ce qu’il faut qu’il donne

Que le vent soit clément !

Et ne souffle que ce qu’il faut qu’il souffle

Que l’orage soit clément !

Et ne mouille que par bienfaits

Que le soleil soit clément !

Et ne sèche que ce qu’il faut qu’il sèche

Que la terre soit clémente !

Et donne à l’ailé tout ce qu’il faut pour vivre !

5 – Chaque soir, la perdrix entendait le merle, son voisin, siffloter son chant :

Celui qui veut vivre heureux

Regarde bien autour de soi

Il sentira le vent frais venir et l’effleurer comme la rosée

Il sentira le temps tenir le monde sans soucis

Il verra les rivières couler à travers champs

Il verra la colombe s’envoler dans les airs sans trembler.

6 – Chaque après-midi, elle entendait la mésange qui riait :

Qui riait et chantait avec ses petits

Quand la bonne galette dorée était cuite

Une habituelle bonne galette de blé farcie

De tous les légumes et de tous les fruits

Elle donnait aux uns les meilleurs morceaux

Et elle donnait aux autres d’autres meilleurs morceaux

Et elle leur disait :

Prenez soin mes enfants à ne pas gaspiller

Ainsi vous irez loin de vos ailes bien taillées pour faire face à la nécessité !

7 – Elle entendait aussi l’aigle sur les hauteurs dire ceci :

Je ne vois de plus beaux que les neiges des montagnes

Sinon les fleurs d’avril quand le printemps est là !

8 – Elle entendait aussi l’hirondelle qui chantait

Elle chantait si fort, elle chantait si beau

Que les autres oiseaux se taisaient pour l’écouter

Elle tournoyait dans les airs auprès des mouches volantes

Elle disait, elle criait : Que tous les oiseaux chantent !

Et tous les oiseaux chantaient et s’envolaient dans les airs !

Et tous les oiseaux chantaient et disaient leur vérité !

9 – Du temps a passé !

Du temps a passé !

Criait père hibou

Il ne reste plus rien

Du chant d’autrefois

Où sont donc bien passés ceux qui sont capables ?

Ceux qui sont capables d’affronter les vents mauvais ?

Oiseaux des champs et oiseaux des forêts !

10 – Du temps a passé !

Du temps a passé !

Criait père hibou

Il ne reste plus rien de cette complainte

Où sont donc bien passés ?

Oiseaux des champs et oiseaux des forêts !

Qui chantaient par beau temps !

Qui riaient au vent quand tombait la pluie !

11 – Bien des années et des matins passèrent

La mère alouette appelait et racontait :

Et puis vint un horrible soir

Un soir de lourds nuages

Qui cacha le soleil et la belle clarté

Et puis vint une nuit qui fut plus noire que les autres nuits

Une nuit qui faisait peur, où les chiens aboyaient

Et ce fut le froid, un froid qui faisait mal

Bien avant que vienne l’hiver, l’hiver qui était bon

Et ce fut le temps, le temps des blessures

Le temps des larmes et du sang versé

De la peur qui tuait le chant

De la peur au vent violent

Et ceux qui regardaient le ciel le virent enflammé

Que les ailes de l’oiseau qui ne voulait point se poser !

12 – Bien des années passèrent

La mère alouette appelait et racontait :

Que de nids dévastés !

Que de forêts brûlées !

Un temps que nous ne puissions supporter et qui dévorait

Comme le feu de l’enfer

Vint chasser le doux printemps

Un vent sourd, furieux nous déchirait de ses griffes

Et déracinait les grands arbres qui nous protégeaient

Et jamais plus l’oiseau ne chanta sur les oliviers !

Quand vinrent les vautours qui mirent le feu au pays !

13 – Bien des années passèrent

La mère alouette appelait et racontait :

Et ceux qui regardaient le ciel le virent enflammé

Et ils voyaient un seul oiseau qui tournoyait

L’oiseau révolté qui ne voulait point se poser !

Et l’on ne voyait dans le ciel

Que les ailes de l’oiseau révolté !

Il tournoyait, il tournoyait

Plus aucune branche, plus aucun rameau

L’oiseau protecteur était attristé

Plus aucune branche, plus aucun rameau

L’oiseau protecteur pleurait !

14 – Bien des années passèrent

La mère alouette appelait et racontait :

Et ceux qui regardaient le ciel le virent enflammé

Et ils voyaient un seul oiseau qui tournoyait

L’oiseau révolté qui ne voulait point se poser

Les vautours regardaient, les vautours regardaient

Que pouvaient-ils dévorer ?

L’oiseau dans le ciel était épuisé

Plus aucune branche, plus aucun rameau

L’oiseau protecteur dans le ciel chantait

Plus aucune branche, plus aucun rameau

L’oiseau révolté du ciel ne voulait tomber

Il resta dans le ciel et continua de chanter !

15 – Bien des années passèrent

La mère alouette appelait et racontait :

Plus aucune branche, plus aucun rameau

Des vautours partout, des vautours qui tuent

Et l’oiseau protecteur continuait de chanter

Il restait dans les airs et refusait de se taire

Il tournait et chantait le chant de sa mère :

Je n’ai que cette voix, celle-ci est bien la mienne

Je n’ai que ce pays, celui-ci est bien le mien

Mais on me dit : « Ou tu changes de voix

Ou bien tu changes de pays ! »

16 – L’alouette qui pleurait son fils avait dit :

Ô langue, passe par le cœur !

Tu rencontreras un autre semblable à toi

Sinon le langage riche de beaux dits

Si tu n’acceptes de tuer, on te tuera pour lui !

TAMACAHUT N TQUBAAT

Yenna-yas tqubaat, yerna tecna-t :

Ur siγ ala yiwet taγwect, t-tagi-ni i d-aylaw

Ur siγ ala yiwet tmurt, t-tagi-ni i d-aylaw

D-acu nnan-iyi-d : « Hubb a-d tbeddled taγwect

Naγ at-tbeddled tamurt ! »

1 – A-macahu af yiwet tmurt s lexyar di tmura, tetwazdeγ s yal ssenf yellan d-afrux. Yella si tsekkurt tamelhhant almi t-tqubaât tazemnit. Lhhasuli, yella wefrux ur yelli maççi dayen yezmer yiwen ad yessiwed naγ a-ten id yini yalwa s yisem-is. Yal afrux iâacc zdat gma-s g’lemhhadra n ljar-is.

2 – Tafsut tezzi-d i tefsut ; ma d yefrax ccnan zhan imi zedγen tamurt yelhan, yerna wessiêet u teççur d-ijejjigen d-ileccacen id yekkren zdat anda uzlen waman, tiseftin d-iγezran, d-isafen. Inγazen velqen ger yelmaten d-idurar.  Anebdu ynes d-amzuzban ; tagrest ynes t-tahhlawant ; lexrif ynes yettak-ed lexrif t-tzurin si nnul ar wayed. Ula d-inijel ynes yettak-ed tizwal ziden amzun t-tament iêedlent tzizwa.

3 – Di lwakud-nni, yal afrux yesεa lεacc-is ; yal afrux yesεa zzeff-is ; yal afrux ur yettagwad gma-s d wi yedder akken yemsawi, s temrest d ccnawi. Tuffga ni yiwen ur tethheggir tin g-wayed. Ccna n yiwen ur tetheyyir win g_wayed.

4 – Yal asru id yefra Ugellid Ameqqwran, tasekkurt tsell i temzazit-is taqubaεt tazemnit yettawi, yetγenni :

A-wiγ yufan deg’genni !

Ad yettak ayen wi yezmer

Ad aγ yihhliw ubehhri

Mi ysud ayen ilaqen ad ihhader

A-wiγ yessren seg’wbandu

Aman-is d ddwa hhellu

A-wiγ yedlen af yitij !

Ad yesskew illan d llhu

A-wiγ yejjen deg-wakal !

Ad yefk i yemsifag ayen ara nelwu !

5 – Yal tameddit, tasekkurt tsell i waqqur, yeggar ittizzif di ccna-s :

Win yebγan ad yaf llhu

D lehcaca yettef afrag-is

Ad iεuss i wbehhri d-asemvan yers-ed fell-as am nnda

Ad iεuss i wesru ad yetef ddunnit mebla ma yerfa

Ad iwali iγezran tfeggiden ger ihherqan

Ad iwali titbirt tettafeg deg’genni mebla iγweblan.

6 – Yal tameddit, tsell i wmenferriw yattadsa :

Yettadsa yetγenni d warraw-is

Mi teggwa tahhbult af lkanun

Tahhbult g_irden n twackant yennum

Teççur s yal izegza si yal aâaqqa

Yettak i wigi tihhedrin yelhan

Yettak i wiyyad tihhedrin yellan

Yerna yeqqar-asen :

A tarwa aâzizen, ur tdeggiεewt ara

Akken at-tafgem akkin s yiffer izemren i tmara !

7 – Tsell daγen i yjider af tizwa yeqqar :

Ur zriγ i-gelhan ara adfel idurar

Naγ ijejjigen n yebrir mi teggwed tefsut !

8 –- Ay tesla daγen i tfirellest teggwi ccna

Tcennu werjin tesla, tepγenni swa-swa

Ifrax nniven susumen bac akken as slen

Teddewir di tegnaw ger iberriqen n ssif

Teqqar, tettεeggid : Anda yella wefrux yizzif !

Yal afrux ad yecnu, ad yafeg di tegnaw

Yal afrux icennu yerna yeqqar tidett !

9 – Achhal d-asru yezrin !

Achhal d-asru yezrin !

Yetεeggid bururu

D-acu id yeqqimen

Si ccna n zik-nni

Anda-ka ruhhen widan izemren i wadu ?

Anda-ka ruhhen widan itqamaren icelyaden ?

Ifrax n lexla d wid n tizedwa !

10 – Achhal d-asru yezrin !

Achhal d-asru yezrin !

Yetεeggid bururu

D-acu id yeqqimen si ccna-nni uhhzin

Anda-ka dγa ruhhen ?

Ifrax n lexla d wid n tizzedwa

Icennun i yitij yaεra asmi lhhal yelha

Ittadsan i wbehhri mi tekkat lgerra !

11 – Achhal d-aseggwas d-isra

Yemma taqubaεt tessawal, tenna :

A-ta yus-ad yiwen yid amencuf

Yiwet tmeddit berrik usigna

Yeffren itij di tafat yerna

Yeggwd-ed yiwen yid berrik sennig wudan

Id yessagwadan, id gi-seglafen yidan

Yeγli-d usemmid, asemmid aqeshhan

Weqbel ad tass tegrest tin akken yelhan

Yeggwd-ed wesru, asru idamen

A-ta yeggwd-ed wesru, asru imettawen d-idamen yuzzlen

Ters-ed tugwdi ineqqen tameγra

Lxuf id yeggwi ubeêri n tmara

Wid yettalen s-igenni walan-t yeccur ttimes

La twalin deg’s afrux win akken yeggumman ad ires ! 

12 – Achhal d-aseggwas d-isra

Yemma taqubaεt tessawal, tenna :

Achhal laâcuc i d-yeγlin seg’genni !

Achhal n times yeççan di tezgi !

Asru w’ur nezmir itett am tmes n jahennama

Yus-ad yeqceε di tefsut tahhlawant

Abehri n ssersar ihemmej deg’neγ

Iqelleε deg’leccacen anda neddaray

Dayen werjin nesla i wefrux yecna f tzemmurt !

Mi-d ggwden yisγan iserγen tamurt !

13 – Achhal yezren d-aseggwas

Yemma taqubaεt tessawal, tenna :

Wid yettalen s-igenni walan-t yeççur times

La ttwalin deg’s afrux idewwir deg’s

Afrux amnafeq, win akken yeggumen ad ires !

Ur nettwali deg’genni

Ala afriwen n wefrux iggumma ad yili ! 

La ytezzi, la ytezzi !

D-acu id yeqqimen si tejra l-lehhlu

Afrux amnafeq yeqqim idellu

D-acu id yeqqimen si tejra l-lehlu

Afrux amnafeq yeqqim iman-is yetru !

14 – Achal yezren d-aseggwas achal d-isra

Yemma taqubaεt tessawal, tenna :

Wid yettalen s-igenni walan-t yeççur times

La twalin deg’s afrux idewwir deg’s

Afrux amnafeq, win akken yeggumen ad ires

Isγan tallayen, isγan tallayen d-acu-kan ara ççen

Afrux deg’genni yekka-t deg’iffer

D-acu id yeqqimen si tejra l-lehlu

Afrux aεessam deg’genni icennu

D-acu id yeqqimen si tejra l-lehlu

Afrux amnafeq yeqqim deg’genni yeggumma ad yeγli

Yeqqim deg’genni itaffeg icennu !

15 – Achal yezren d-aseggwas

Yemma taqubaεt tessawal, tenna :

D-acu id yeqqimen si tejra urafu

S yisγan teççur, isγan ineqqen

Afrux aeessam deg’genni icennu

Yeqqim deg’genni iggumma ad yessusem

Idewwir itγenni yettawi ccna n yemma-s :

Ur sεiγ ala yiwet taγwect, t-tagi-ni i d-aylaw

Ur sεiγ ala yiwet tmurt, t-tagi-ni i d-aylaw

D-acu nnan-iyi-d : « Hubb a-d beddleγ taγwect

Naγ ad beddleγ tamurt ! »

16 – Taqubaεt yetrun mmi-s yenna-yas :

Ay iles ekk-ed seg’ul !

Ad maggred wi’llan am keçç

Naγ tameslayt yeggwin ayla-s

M’ur tebnid ara a-t nγed

Nutni ak nγen fell-as !

Pensée kabyle : « Qui a une langue se sent en sécurité ! » Win isâan iles yetwennes !

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Responses

  1. Mr Allioui, merci pour votre emouvant temoignage……. Merci aussi pour tous vos travaux sur notre culture…
    afud igerzen, talwit di dunit
    Farida natelkaid

    • Azul a weltma aâzizen, azul i Aâli !

      Tanemmirt-ynem af awalen izidanen. Tanemmirt nwen af udem azenfan is i-yi d-tmugrem di Ottawa. D-ayen ivanen belli nezmir a-nessiwed abrid af yidles nnegh, i-mi akken qqaren zik-nni : « Kra g_win yeddan af tidet yessawad ». Nekwi nedfer iles, tameslayt nnegh, i-mi mebla iles-nnegh, a-nili d-igujilen. Akken dagh qqaren Imezwura : »Win isâan iles yetweness ! » (Qui a une langue se sent en sécurité ! »
      Ssaramegh ad kemlegh di tira yakw d leqdic af tisula-nnegh, af yidles nnegh. Akken walagh, yerna hhussegh, tefkam-iyi azal ameqqwran ; ur zrigh ma yella uklalegh yakw zznaf is i-yi-d tmugrem di Kanada, ugar (surtout) di Ottawa ! D-ayen i-yi sferhen atas, atas ! Yalma ttarugh tura, asal-ynu iteddun ghur-wen !

      Akwen ihrez Ugellid Ameqqwran ! Agh yessiwedh ar tqacuct n tmazight !

      Ar tufat, lehna tafat fell-awen yakw akken ma tellam, ugar Kemmi yakw d Aâli.

      Yusef Ouchivane Alliwi

    • Azul a Farida ! (d Aâli ?)

      Asuref yelha ! Tanemmirt af wawalen nwen izidanen ! Achal i-yi tefkam ddher yakw t-tizet n wawal nwen yakw t-tmusni-nni teffrem deffir uzmumeg yerna ternam-iyi leqder ! Am-asaâd-nwen yesâan lefham-a am tinna !

      Ad akwen ihrez Ugellid Ameqqwran yernu-yawen tazmert, d lehna d lehcaca !

      Yusef Ucivan Alliwi


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