Publié par : youcefallioui | décembre 14, 2016

Qui a une langue se sent en sécurité ! Win isaân iles yetwennes !

Qui a une langue se sent en sécurité !
Win isaân iles, yetwennes !

Les histoires et les sagesses berbères-amazighes à l’école ?

Quoi de plus optimistes et de plus constructifs à tout point de vue, , pour les enfants Imazighen/berbères, que ces quelques aphorismes ou pensées de mère Awicha des Ijâad Ibouziden ?

Cette arrière-grand-mère – comme toutes les mères et les grands-mères kabyles – était tellement en avance sur son époque ! On aurait aimé que de telles pensées, comme les contes et les comptines et autres pans de la littérature orale kabyle et berbère, soient étudiées à l’école par les enfants algériens.

1 – « Sans amour et sans sagesse, aucun pays ne connaît de fleurs au printemps ! » (Mebla lehmala t-tmusni, wlac tamurt yessnen ijejjigen di tefsut !)

2 – « Le pays où la femme souffre, les prisons sont remplies de braves ! » (Anda tenter timettut, lehbus ççuren d-irgazen !)

3 – « Entends ta femme et Dieu t’ouvrira toutes les portes ! » (Sel i tmettut-ik, Rebbi a-k yelli tiggura !)

4 – « Si tu aimes ta dame et tes frères, tu entendras l’oiseau te le chanter chaque matin ! » (Ma yella themmled lalla-k d wayetma-k, as tesled i wefrux m’ara-k t-iccennu yal asru !)

5 – « L’homme qui sait, sait que la femme sait. » (Azgaz yessnen ; yehsa s tmettut tessen !)
6 – « Une maison où les enfants rient : c’est l’homme et la femme qui se tiennent par la main. » (Axxam anda ttadsan warrac, d-argaz t-tmettut i-geddan afus deg’wfus).

7 – « L’homme qui aime voit mieux que les autres : sa femme éclaire son chemin. » (Argaz ihemmlen, izer xir g-wiyyid : d lalla-s is igan tafat g_webrid).

8 – « Ce qu’il faut à un pays pour connaître le printemps, c’est la liberté de la femme ! » (Is ilaqen i tmurt bac at-tissin tafsut, d llwi n tmettut !)

Ce sont ces messages de sagesse, d’amour et de liberté que les enfants berbères devraient d’abord apprendre à l’école plutôt que ces messages idéologiques et religieux qui les plongent dans un obscurantisme d’un autre âge !
Ce sont ces contes, ces fables et ces comptines que l’enfant algérien devrait retrouver à l’école. Au lieu de cela, il se retrouve face à une langue étrangère (l’arabe classique) et un système pédagogique désastreux. On se retrouve alors avec tous les travers de l’aliénation linguistique que j’ai déjà analysée au cours de mes recherches en sociolinguistique. D’où la réflexion d’un père kabyle sur l’école algérienne et l’arabisation : « Je ne comprends pas ! Nous les envoyons pétillants d’intelligence, ils en font des ânes tout juste bons à se mordre entre eux ! »

En effet, le choc est brutal au niveau psychologique. Aphasie, psittacisme et autres troubles psychologiques sont ainsi observables chez l’enfant kabyle . Depuis plus d’un siècle maintenant, tous les spécialistes insistent sur la nécessité d’introduire la langue maternelle à l’école, surtout dans les premières années scolaires de l’enfant. Ils en sont tous arrivés à la même conclusion : une langue seconde, étrangère, ne peut être solidaire de l’intelligence l’enfant dans les premières années de sa scolarisation, notamment au niveau logique et psychique.

C’est tout le drame de l’enfant kabyle et berbère à qui l’on refuse une « algérianité » et une amazighité pleines et entières, puisque sa langue maternelle (tamazight) est ignorée du système scolaire, voire âprement combattue par les imbéciles et les ignorants.

Depuis peu, la langue amazighe dispose d’un statut secondaire et précaire. Une situation qui ne prédispose point l’enfant à la sécurité psychique qu’il est en droit d’attendre du système scolaire de son pays.
Et l’on comprend alors pourquoi mon vieux père nous ressassaient cette pensée que lui-même tenait de son père : « Qui a une langue se sent en sécurité » (Win isâan iles yetwennes !)

Comme je l’ai maintes fois écrit : « Quand une langue meurt, c’est son peuple qui disparaît ! » Tameslayt d-agdud ! Agdud d tutlayt !

Il suffit de s’interroger pourquoi la majorité des Berbères se disent Arabes. Et il suffit de s’interroger pourquoi le ministre de l’Education Nationale en France, madame Najat Vallaud Belkacem, d’origine berbère du Maroc, veut mettre notre langue de côté pour favoriser, en lieu et place, l’arabe !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :